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COMMENT MANGEZ-VOUS ?

COMMENT MANGEZ-VOUS ?

De prime abord, l’intitulé de cet article peut vous sembler curieux, mais en réalité vous allez voir qu’il n’est pas si anodin !

Pour commencer, allons plus loin dans la question :

  • Mangez-vous par habitude ? parce que c’est l’heure quelque soit votre faim et que vous avez appris qu’il fallait faire trois repas par jour.
  • Mangez-vous selon votre envie du moment sans franchement vous préoccuper de ce que vous mangez ?
  • Mangez-vous en écoutant votre besoin profond, celui qui vous est dicté par votre organisme ?
  • Mangez-vous en suivant le dernier régime à la mode que vous avez découvert dans votre magazine préféré et dont tout le monde parle ?
  • Mangez-vous pour faire face à un stress ou combler un vide ? plus pour vous calmer que répondre à un réel besoin physiologique.

Nos habitudes alimentaires nous viennent en grandes parties de notre éducation, notre culture et sont empruntes de sensibilité et d’émotion. Nous avons tous un plat qui nous rappelle notre enfance, des rituels familiaux que nous avons gardé.

Prenons l’exemple du petit déjeuner, combien de fois ai-je entendu :

  • « Je n’ai pas vraiment faim le matin mais j’ai été habitué à en prendre un…. »
  • « On m’a toujours dit qu’il fallait prendre un bon petit déjeuner le matin, alors…. »
  • « En fait, je me force parce que sinon je ne tiendrai pas la matinée… »
  • « Si je ne mange pas, j’ai peur de me sentir mal plus tard…. »

Et vous, qu’en est-il ? Vous sentez-vous obligé de manger parce que c’est l’heure ? Etes-vous conscient de vos véritables besoins et de vos rythmes biologiques ?

De façon générale notre système éducatif ne nous a pas habitué à être dans notre ressenti et à écouter les messages de notre corps.

Pourtant il nous parle avec son langage et même « ses maux » que nous ne savons pas toujours décoder.

  • « Un estomac qui gargouille ou qui se tord ? Vite à manger, la faim se manifeste ! » Mais est- ce une vraie faim ?
  • « Des ballonnements, des gaz ? C’est tellement commun, comme tout le monde ! » Vraiment ? et si votre digestif était perturbé ?

Toutes ces manifestations, au début infimes puis plus présentes au fil du temps jusqu’à en devenir incommodantes, devraient nous amener à nous interroger sur nos habitudes et comportements alimentaires.

A commencer par :

  • Pourquoi mangeons-nous ?
  • Quels sont nos réels besoins physiologiques ?
  • Quelle alimentation avons-nous besoin par rapport à notre rythme de vie ?
  • Quels sont nos capacités digestives ?
  • Est-ce que nous prenons suffisamment le temps de manger ?

Il y a encore bien d’autres questions que nous pourrions nous poser tellement le sujet est vaste mais celles-ci nous permettent de poser les bases pour une alimentation plus consciente.

  • Pourquoi mangeons-nous ?

L’action de se manger est vitale pour nourrir toutes nos cellules et ainsi permettre à notre métabolisme de fonctionner correctement. Nos organes et nos différents systèmes ont besoin de bon carburant pour assurer leurs fonctions et pour se régénérer.

Si vous avez un véhicule (voiture, moto…) imaginez y mettre un carburant frelaté de mauvaise qualité qui va peu à peu encrasser le moteur, les filtres et autres pièces. Pensez-vous que vous le garderez longtemps en bon état ?

Il en est de même pour votre organisme. Une mauvaise alimentation ou une alimentation trop abondante va entrainer de mauvaises digestions ne permettant pas de nourrir correctement vos cellules. Elles ne reçoivent plus les éléments nutritifs essentiels à leur fonctionnement et sont progressivement encrassées par des composés toxiques résultant de ces mauvaises digestions.

Manger, ne se résume pas mettre des aliments dans la bouche et les avaler ! C’est avant tout bien digérer et bien assimiler, condition essentielle pour bien se nourrir.

Par conséquent, tous les perturbateurs de notre digestion sont également des perturbateurs de notre assimilation et donc de notre santé en général.

Ces perturbateurs sont multiples et souvent se conjuguent : le type d’alimentation, les émotions, le stress, le manque de repos….nous aurons l’occasion d’en reparler plus loin.

Manger est donc un acte responsable qui ne devrait pas être « automatique » car nous ne sommes pas « des machines à avaler » de façon programmée.

Prendre conscience de ce que nous mangeons et comment nous mangeons est la première étape d’une démarche de santé globale car « Tout passe et tout commence par le digestif ! ».

Notre système digestif dans son ensemble est une véritable centrale de traitement, de transformation et d’intégration de tout ce que nous prenons à l’extérieur. Il interagie avec tous les autres systèmes, de son équilibre dépend l’équilibre de tout notre organisme.

  • Nos réels besoins physiologiques

Pour fonctionner correctement notre corps a besoin de trois classes de nutriments indispensables qui sont :

† Les Glucides comprenant les sucres simples et les sucres complexes que nous trouvons dans les fruits, les légumes, les céréales, les légumineuses, le miel mais aussi dans de nombreux aliments industriels sous forme raffinée. Ils apportent à nos cellules le glucose qui est la première source d’énergie du corps. Notre cerveau consomme à lui seul environ 10% de nos besoins.

† Les Protéines qu’elles soient animales (viande, poisson, œuf, fromage) ou végétales (légumineuses, céréales, champignon, graines oléagineuses, algues) nous apportent des acides aminés : « briques » nécessaires à la formation et au renouvellement des différents tissus de notre corps.

† Les Lipides sont constitués des graisses saturées (produits laitiers, viande, charcuterie…) et des graisses insaturées dont les mono-insaturées ou Omega 9 (olive, avocat, graisse de canard) et les polyinsaturées qui comprennent les Omega 3 et les Omega 6 (poissons gras, huiles végétales). Les acides gras résultant de la digestion des lipides ont un rôle énergétique et sont des constituants majeurs de nos cellules.

Ces macronutriments ne peuvent être bien assimilés qu’en présence de vitamines, minéraux et enzymes, éléments indispensables à la vie qui interviennent dans de nombreuses réactions métaboliques.

Ces micronutriments sont largement présents dans les aliments que nous offre la nature à l’état brut. Par contre, ils sont vite détruits par certains modes de cuisson et de conservation. De même, les aliments issus de cultures ou élevages intensifs en sont moins riches.

Notre organisme a donc besoin d’aliments sains, riches en macro et micronutriments de qualité et en quantité suffisante.

Nous vivons dans une société où l’offre alimentaire n’a jamais été aussi pléthorique avec des apports calorique important, et pourtant nous constatons de multiples carences et besoins de se supplémenter.

Curieux paradoxe, non ?

Comme quoi, trop d’aliments riches en calories et pauvre nutritionnellement ne réponds pas à nos besoins physiologiques Au contraire, ils sont source de perturbation et à la longue de maladies chroniques, voire même dégénératives.

Les recommandations caloriques de 2400 à 2600 kcal / jour pour un homme adulte et de 1800 à 2000 kcal / jour pour une femme adulte ne sont que des repères très arbitraires. Ils ne tiennent compte ni du métabolisme de base, propre à chacun, ni de nos dépenses physiques.

  • Alors quelle alimentation privilégier ?

La règle de base est de privilégier la qualité à la quantité.

Des aliments frais, de saison, complets n’ayant subi aucune transformation industrielle auront une charge nutritionnelle bien supérieure.

Les quantités sont à adapter en fonction de l’âge et du rythme de vie de chacun : dépense physique, organisation de la journée / type d’horaire…. Il parait logique qu’une personne ayant un travail physique ou faisant plusieurs séances de sport dans la semaine ait besoin d’un apport nutritionnelle plus conséquent qu’une personne sédentaire.

Quelque soit la quantité journalière d’aliments, il est intéressant de considérer la répartition des macronutriments car ils n’ont pas tous la même valeur énergétique et notre corps ne les stocke pas tous de la même façon. La répartition suivante vous donne un ordre de grandeur pour composer vos repas :

  • 40 à 55% de glucides à base de légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses essentiellement.
  • 28 à 38% de lipides en privilégiant les graisses insaturées, les graisses saturées étant naturellement présentes dans la viande, les produits laitiers, la charcuterie…
  • 15 à 30% de protéines en variant les sources animales et végétales.

Au-delà du choix des aliments, de la façon de les cuisiner et des quantités, l’alimentation s’individualise en fonction des capacités digestives de chacun.

  • Bien se connaître pour mieux manger est primordial 

Nous ne sommes pas tous égaux devant notre assiette car nous n’avons pas tous hérité d’un système digestif puissant capable de « tout digérer tout le temps et n’importe quand » !

Il est intéressant de s’observer manger, sentir comment se fait notre digestion, être à l’écoute de son corps pour répondre à ses réels besoins.

Vous êtes-vous déjà posé ces quelques questions ?

Quand ai-je vraiment faim ?
La vraie sensation de faim vient dans la bouche et non dans un estomac ou un ventre qui gargouille. La vrai faim n’est ni douloureux, ni désagréable et ne donne pas une sensation de malaise. Elle se manifeste au niveau des papilles, par la salivation et le besoin de chercher de la nourriture saine…tout un ensemble de réactions qui nous sont dictées par notre cerveau reptilien.

Etes-vous dans cet état le matin au réveil ?
Si ce n’est pas le cas, inutile de vous précipiter sur votre pain/beurre ou céréales habituelles. Prenez juste le temps de vous hydrater idéalement avec un grand verre d’eau tiède au lever et ensuite une boisson chaude de votre choix (thé léger ou infusion de préférence). Il est plus facile qu’on ne le croit d’emporter un encas à manger plus tard dans la matinée sur son lieu de travail : banane ou autre fruit frais de saison, fruits séchés, graines oléagineuses…. A chacun de trouver sa formule en évitant le distributeur de « junk food » bien sur !

Connaissez-vous les aliments ou boissons que vous consommez par habitude et qui ne vous font pas tant de bien que cela ?
Par exemple : café, sodas, yaourt ou crème dessert, pain et pâtes blanches, plats gratinés, friture….

Quels mélanges alimentaires alourdissent votre estomac et rendent votre digestion longue et périlleuse ?

  • Et votre environnement ?

Si vous faite un arrêt sur image de l’ambiance dans laquelle vous prenez vos repas, laquelle de ces situations vous ressemble le mieux ?

  • Vous êtes calme, détendu dans un lieu ou avec des personnes agréables
  • Vous mangez rapidement entre 2 activités sans franchement vous poser.
  • Vous avez l’esprit plus dans vos dossiers que dans votre assiette.

Sans doute avez-vous déjà expérimenté ces différentes situations et remarqué que votre digestion n’était pas identique selon les cas. Rien d’anormal puisque le stress et l’activité intense inhibe la digestion, les aliments stagnent alors dans l’estomac favorisant les phénomènes de fermentation et de putréfaction.

Enfin une chose simple que nous oublions si facilement….

Mangez-vous vraiment en conscience en prenant le temps de mastiquer chaque bouchée ?

La mastication a de nombreuses vertus dont j’ai largement parlé dans mon article « La mastication : un remède bien-être ». Une de ses fonctions première est d’amorcer la digestion en réduisant les aliments en bouillie et en les imprégnant de salive riche en enzymes digestives. Une action qui ne vous coute rien d’autre qu’un peu d’attention pour vous assurer en retour une meilleure digestion et une meilleure assimilation, donc au final une meilleure nutrition. Un bon moyen aussi de vous économiser en dépensant moins d’énergie pour digérer.

Autre motivation pour vous mettre à la mastication :
Plus vous mastiquez et moins vous mangez !
Le phénomène de satiété fait son effet environ 20 minutes après le début du repas. Un repas pris en au moins 30 minutes en posant votre fourchette régulièrement et en prenant le temps de respirer est la garantie de ne pas vous gaver ni d’alourdir votre estomac inutilement.

A travers ces quelques questions, vous pouvez constatez que notre façon de manger est déterminante pour notre santé globale. Elle va bien au-delà du simple choix des aliments eux même et il y aurait encore beaucoup à dire sur leur préparation, les modes de cuisson et les associations alimentaires.

Notre environnement, notre état psycho-émotionnel, notre rythme de vie en général sont autant de facteurs qui viennent influencer notre comportement alimentaire.

Vous observez et en prendre conscience est déjà un premier pas pour progressivement faire évoluer vos habitudes de vie et gagner en sérénité et en mieux être. Vous ne pouvez pas changer votre environnement, certes, mais rien ne vous empêche, vous, de changer !

Vous êtes le seul maitre à bord de votre santé et c’est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire !

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